Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 11:09

Un carré de sable

 

 Un carré de sable pour les enfants? Étant de nature désertique, on pourrait facilement imaginer la région du Sahel comme un grand carré de sable…pour jouer? Hum! La vie arride de l’Extrême-Nord me porterait plutôt à dire…pour survivre.

 

Les vrais carrés de sable sont tout de même très populaires ici. À l’aide de pierres ou de boue séchée ou parfois de briques, on fabrique des parois de 30-40cm permettant de retenir le sable et formant une terrasse devant la majorité des maisons et dans certaines des zones publics. Ces terrasses donnent directement sur la rue et sont construites adjacentes à la maison dans la rue ou un peu en retrait si la rue est vraiment large. Elles ont généralement la grandeur d’une pièce dans laquelle on y entasse du beau sable comfortable pour le corps peu importe sa position assise ou couchée. Le sable est maintenu très propre, exempt d’insectes, d’animaux, de pipi…que tous semblent respecter.

 

Pour les enfants? Pour les femmes? Non, le carré de sable est pour homme seulement, symbole de virilité ou/et de solidarité masculine Camerounaise. Pour jouer? Un peu… les hommes socialisent entre eux et avec ceux qui passent sur la rue, ils s’assoient ou somnolent. Pour les hommes qui sont dans les carrés de sable que l’on croise en allant à Maroua, on dirait qu’ils sont là juste pour attendre et saluer Ghyslain lors de son passage.

 

À l’heure de la prière, le carré de sable devient un petite mosquée à aire ouverte. La nuit, le carré devient leur lit commun peut-être pour trouver un peu de quiétude à l’extérieur de leur concession bien remplie avec leur grande famille ou parce qu’ils agissent comme gardien protecteur pour toutes leurs femmes et enfants qui se trouvent dans la concession…

 

 

Bulletin bibittes

La faune et la flore se modifient tout de même à un rythme effrené seulement avec le peu de pluie que nous recevons. Chaque pluie semble nous introduire de nouveaux insectes. Yurk!yurk!yurk! La tente est vraiment notre seul refuge.

 

Dans la maison, malgré les moustiquaires sur toutes les portes et fenêtres, ils entrent d’où on ne sait trop. Il fallait voir Ghyslain, hier encore, fouiller désespéremment dans ses patalons et sa chemise à la recherche d’insectes perdus. Le temps très chaud et très sec avait tout de même ses avantages.

 

 

Le chocolat « blanc »

 

Depuis plus d’un mois aucune Mambo en vue. Le Cameroun est un grand producteur de cacao mais comme toute bonne chose produite ici, il est exporté. Depuis février, nous avions découvert le Mambo, chocolat au lait du Cameroun, dans quelques boutiques de Maroua qui ont un frigo. Un luxe avec lequel on se gavait et qui a soudainement disparu.

 

Que s’est-il passé? Peu importe, depuis hier, le Mambo est de retour. Rarement avons-nous acheté une barre de chocolat au lait couleur chocolat uniforme. En général, elle est plutôt marbrée blanc dû à une mauvaise émulsion ou à la séparation des ingrédients à cause d’un coup de chaleur attrapé sur le chemin vers l’Extrême-Nord ou simplement pour montrer le lait qu'elle contient. Tout ça pour dire que les tablettes de Mambo que j’ai achetées hier sont plutôt blanches marbrées chocolat:  du lait au chocolat ou du chocolat « nazarra »… À force de l’entendre, on devient un peu obséder avec le mot!!! Il est peut-être temps de partir (snif!snif!).

Par Sue et Ghys en voyage
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Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 13:40

Le 7 juin 2010

Une journée sans photocopie et sans couture…

 

Jeudi dernier on a annoncé que vendredi de 7h à 17h l’électricité serait coupée pour tout l’Extrême Nord du Cameroun. On charge nos ordinateurs et nos téléphones, on refroidit des bouteilles d’eau, ceux qui habitent la ville et qui ont de l’eau courante remplissent quelques bassins d’eau en guise de préparation à cette journée sans électricité. Quels inconvénients nous causent cette panne d’électricité? Ne pas pouvoir utiliser internet lors de notre passage à Maroua, ne pas pouvoir se servir du ventilateur à la maison, et….absolument rien d’autre! Le train-train quotidien est absolument le même : on peut puiser de l’eau, faire le lavage, faire la vaisselle, cuisiner, se déplacer, travailler, aller au marché, etc. Comme cela ne changeait pas grand-chose dans nos vies, je me suis demandé comment cela pouvait affecter la vie des gens ici et j’ai observé autour de moi.

 

 

Eh bien, pour la majorité ça ne change absolument rien : ils n’ont pas d’eau courante, pas de frigo, pas de ventilateurs et pas d’ordinateurs. Les garages, les restaurants, les écoles, les magasins, la majorité des bureaux, la circulation(1), les stations d’essence, tous ces lieux qui composent la ville de Maroua et qui ont, en général, peu en commun avec ce qu’on peut imaginer dans un contexte Canadien, peuvent également continuer leur train-train sans interruption. J’ai remarqué deux groupes de travailleurs qui ont du prendre un congé forcé (sans avantages sociaux!) et qui ont désertés les rues: les couturiers et les Monsieur Photocopies. En éliminant ces deux groupes de travailleurs, les rues sont devenues presque désertes puisqu’à Maroua on retrouve un nombre incalculable de couturiers, couturières(2) et de Monsieur Photocopies. On les retrouve partout, du mieux nanti dans sa boutique à celui qui travaille directement dans la rue sous l’ombre d’un arbre. Il faut dire que les Monsieur photocopie se retrouvent davantage sur le bord des routes avec leur photocopieur remmanché( 3) branché à une extension jusqu’à la première prise disponible.

 

(1) Ici quand on pense au vert, rouge, jaune, c’est le drapeau du Cameroun qui vient en tête, pas un feu de circulation car ils sont inexistants.

(2)Probablement le seul métier ou la notion de genre est appliquée et que les femmes peuvent pratiquer à même titre que les hommes (

(3)Incroyable et inimaginable de voir dans quels conditions un photocopieur peut fonctionner : la vitre à moitié manquante, des morceaux qu’il faut tenir manuellement, de la poussière…

 

 

Le bulletin météo et bibittes… ce matin, la température était de 270C, wow! Il faisait vraiment frais. Ça fait plusieurs mois que le thermomètre n’est pas descendu en bas de 300C. On n’est pas habitué mais ça n’a pas duré. Tout de même, la pause fut appréciée! Ce soir, les sauterelles et je ne sais quelles autres types de bibittes passent à l’attaque. Porte fermée, ils réussissent à entrer. C’est fou, assis à la table à tenter de manger et travailler un peu, ils réussissent même à rentrer dans nos pantalons. Il faut écouter le bruit qu’ils font en se frappant sur la porte de métal. Les tocs, tocs sont tellement nombreux et réguliers qu’on dirait qu’il pleut. Mais non, c’est seulement les bibittes qui sont attirées par la lumière de la maison et qui veuillent entrer. La tente est un bon refuge alors je vais me coucher! Le

 

 

12 juin 2010

 

Le retour à l’heure du « trafic »

 

L’heure du retour à la maison est réglée avec la prière du couché du soleil. Dans l’heure qui précède celui-ci, la fébrilité du retour à la maison est palpable. Du « trafic », même dans l’Extrême du Cameroun? Eh oui! Cependant la circulation est loin d’être stagnante. À pied, en vélo, ou à moto, il faut plutôt foncer, surtout en traversant Maroua, pour obtenir son droit de passage mais pas question d’arrêter! Il y a seulement un arrêt obligatoire ou un ralentissement nécessaire…lorsqu’un un troupeau de bœufs qui retourne à la maison traverse ou emprunte la route sur laquelle on circule.

 

Chaque matin, chaque villageois qui a la chance d’avoir un bœuf amène celui-ci à un lieu de rencontre au village et le berger marche avec eux jusqu’à un endroit de pâturage où il les garde pour la journée. En fin de journée, avant le couché du soleil, il revient vers le village avec le troupeau. La procédure de retour est un peu différente. Le berger emprunte certaines rues du village et les bœufs quittent le troupeau d’eux-mêmes lorsqu’ils passent près de leur maison.

 

L’image qui me vient en tête est celle de nos autobus scolaire. Le matin, un parent marche son enfant jusqu’au bus du coin de la rue qui amènera celui-ci jusqu’à l’école où il passera la journée. Le soir, l’autobus scolaire dépose l’enfant à ce même coin de rue et, de là, l’enfant revient seul jusqu’à la maison. Le matin, pas vraiment d’embouteillage, la plage horaire des départs au pâturage est plus longue. Cependant, le chemin juste à coté de la maison de Kongola est une artère principale pour les bœufs, il nous arrive quelquefois d’avoir à attendre le passage de ceux-ci avant de pouvoir partir pour une autre journée d’aventures.

 

 

Le 13 juin 2010

Une journée de marché et l’anniversaire de Ghyslain

 

 Djamila et moi avons fait notre journée de magasinage de filles. Nous sommes allées au marché de Para et au marché des femmes. Que de bons achats nous avons faits! Des costumes de défilé pour les enfants (Bouba et Poupée), des pagnes pour Djamila, Naîma, et moi, une chemise pour Ghyslain, (tous ces vêtements sont de seconde main),une table de prière coranique pour la petite, quelques gu-gus pour mon sapin de Noël…

 

Au retour à la maison, nous avons préparé le repas de fête de Ghyslain qui nous également a servi de prétexte pour célébrer un peu la fin de notre séjour qui approche (ainsi que celui de Doris et Marcel). Assis sur quelques nattes sous un ciel étoilé, nous avons partagé notre repas avec un peu des traditions des grandes familles africaines d’ici. Ce sont joint à nous quelques volontaires VSO et certains de nos voisins : Mr Ibrahim et les 3 enfants, Mr Goi-Goi et 6 de ses fils (sur 23 enfants). Ce fut vraiment agréable. La capacité de mes casseroles a juste été suffisante pour nourrir au total une vingtaine de personnes. Je me demande comment Mr Goi-goi peut arriver à nourrir chaque jour les 40 personnes (et plus) qui vivent sur sa concession... On comprend rapidement pourquoi ici la diversité alimentaire est impossible ainsi que la quantité.

 

Moins de 15 jours au calendrier avant notre départ. Le temps défile comme toujours!

Par Sue et Ghys en voyage
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 15:24

Vous avez remarqué le changement de climat? Ici, on ne parle pas du changement de saison mais du changement de climat… Depuis la fin d’avril, les nuages sont de retour, pas en trop grand nombre mais suffisamment pour nous protéger occasionnellement du soleil. Depuis la fin de septembre, pas un nuage n’avait traversé le ciel du Sahel. Heureusement qu’il y eu quelques tempêtes de poussière (de sable) qui l’ont cachées à l’occasion. Donc, la saison des pluies nous a fait quelques clins d’œil mais le ciel n’a pas encore rempli les rivières. Le temps est plus humide et les insectes de toute grosseur commencent à réapparaître. Yurk!!! Il faut voir les sauterelles ou les scarabées qui peuvent offrir un repas équivalent aux poulets bicycle. Il faut admettre qu’on s’habitue vraiment à cette chaleur (pas aux insectes!) et quand on se tient l’esprit occupé avec le travail, on arrive presqu’à l’oublier…

 

Encore faut-il voir Ghyslain qui initie à l’ordinateur, le mercredi après-midi, certains enseignants dans un centre internet à Maroua. Pour protéger les ordinateurs de la poussière, on garde tout fermé. Pour ici, ce centre est très moderne et il est même équipé de climatiseurs. Le problème est que les climatiseurs et les ordinateurs ne peuvent fonctionner en même temps! Il n’y a pas suffisamment de puissance électrique. Mais il y toujours un bon côté à toute chose, et ce centre pourrait se venter d’initier un nouveau concept : travailler sur votre ordinateur dans un sauna naturel généré par la chaleur humaine et sortir à l’extérieur à une température de 45oC pour se rafraîchir un peu…avoir quelques frissons (et c’est vrai ça fonctionne)!

 

Autre changement de climat pour nous… notre départ! L’école se termine à la mi-juin. Donc, afin de nous permettre de réintégrer tranquillement notre vie Canadienne, nous avons décidé de quitter le Cameroun le 28 juin, de faire un petit saut d’une semaine en France pour être chez nous le 6 juillet. Ce changement de climat sera surement le plus difficile jusqu’à présent… ce qui remettra en perspective les difficultés de notre arrivée. Comment quitter définitivement tout ce beau monde? Je sais, il ne faut jamais dire jamais, mais disons que les chances de faire un petit détour par ici sont plutôt minces. Les 3 enfants, Djamila, ma partenaire de travail (ces 4, je n’hésiterais pas une seconde à les ramener au Canada avec moi!), nos voisins, le personnel de VSO de Maroua, plusieurs enseignants avec qui nous avons collaborés davantage, les groupes de femmes, ou les communautés avec qui la confiance est maintenant établie et le travail commence à avancer…

 

 Ouf! Il est vraiment difficile pour moi d’y penser surtout que dans le contexte qui nous concerne, sauf peut-être occasionnellement pour Djamila et le personnel de VSO, il sera presqu’impossible de communiquer à nouveau avec ces personnes. Après 9 mois au Cameroun, notre vie ici nous a permis d’établir des liens avec les gens d’ici et de commencer à comprendre le contexte culturel, les besoins, ce qui nous a permis certaines initiatives dans le contexte du travail qui sont de plus en plus intéressantes et je pourrais peut-être même ajouter appropriées. Une deuxième année aurait été nécessaire pour poursuivre toute ces initiatives et peut-être voir si notre présence à vraiment des petits impacts. Donc, le décompte est commencé avec la joie de retrouver notre famille et nos amis, le bonheur IMMENSE d’avoir eu la chance de vivre ce que nous avons vécu, de rencontrer les gens que nous avons rencontrés et d’apprendre ce que nous avons appris. Ce bonheur à l’image du soleil intense de l’ Extrême- nord du Cameroun qui sera bientôt temporairement caché par la grande tristesse de quitter des relations avec des gens chaleureux et d’abandonner la poursuite d’initiatives en collaboration avec eux à l’image des pluies intenses qui s’annoncent!

 

Autres petits anecdotes :

 

J’ai écrit ce blog la semaine dernière, l’école est déjà terminée. Plusieurs enseignants ont quitté, les élèves ne vont plus a l’école. Demain ce sera la fête nationale et la célébration des 50 ans d’indépendence du Cameroun.

 

 Il fait vraiment chaud et humide. Je pense que la chaleur commence grandement à ralentir nos ardeurs. Samedi dernier, nous avons surement eu la nuit la plus chaude. La sueur nous coulait de partout juste en étant couchés et en essayant de dormir!

 

De nos trois téléphones, un ne fonctionne plus, un ne permet plus d’envoyer des messages écrits, l’autre ne permet pas de parler!!!! Ça veut dire que je dois téléphoner Ghyslain et lui doit m’écouter mais ne peut me répondre sauf par messages!!!!

Par Sue et Ghys en voyage
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 16:06

Le colonisateur en nous...

Étant ce que nous sommes, il est parfois difficile de juger et de limiter nos attitudes colonisatrices.  En voici un exemple.   Grace à Hélène qui a apporté deux bâtons de hockey Dollorama, nos voisins ont été initiés au hockey.  En bon colonisateur, on a adapté le sport; le hockey sur glace est devenu le hockey sur sable avec balle et babouches en guise de buts.  Comme plusieurs des efforts des nombreuses formes d’aide que reçoive ce pays, l’enthousiasme initial à notre initiative s’est vite dissipé.  Peut-être dû au fait que le jeu ne peut pas vraiment présenter tel qu’il est, peut-être dû au fait que la forme du fameux bâton est intrigante au départ mais son manque de familiarité le rend rapidement  peu attrayant, peut-être dû au fait qu’on ne pouvait  vraiment voir et expérimenter le vrai jeu, on en comprend pas le fonctionnement  et que pour développer un engouement pour un tel jeu demande il faut du  temps…  Comment expliquer ce manque de popularité à un jeu que nous Canadien (surtout moi! (ah!ah!) apprécions tant?

Je ne sais trop si mon analogie est bonne mais voici l’image qui me vient en tête et  je vous la partage.  Importer nos gu-gus,  c'est un peu comme l’idée d’une ONG quelconque de faire une très bonne action en décidant  de construire  des pompes à eau super efficaces lorsqu’elles fonctionnent mais impossible de réparer par la communauté lorsqu’elles brisent et que l’ONG n’y est plus.  L’enthousiasme des utilisateurs est sans borne mais temporaire.   La communauté doit éventuellement  recourir à ses bonnes vieilles habitudes.  Dans un même ordre d’idée, on construit, avec des fonds étrangers, des hangars pour les boutiquiers dans le marché des villages et personne ne les utilisent…  On pensait que ceux-ci offriraient  une solution de rangement et de protection plus durable que le toit de tige de millets supporté par des branches  que les boutiquiers utilisent pour se protéger du soleil.  Ils doivent ranger, transporter en lieu sur et  sortir leur marchandise à chaque fois.   Cette méthode nous semble peu efficace en comparaison aux hangars.  Ah!  Toutes les bonnes actions (intentions) d’ex-colonisateurs, d’ex?

 Il y a toujours espoir pour les accommodements raisonnables, ou l’inter culturalisme ou la mondialisation (j’utilise ces termes un peu largement mais ils semblent appropriés)… L’intégration prend du temps et des ajustements mais ça peut arriver.  Dans le cas qui nous concerne, on y est presque arrivé.  La vitesse du hockey allié au ballon-balai et  au curling  risque de faire des adaptes.  Eh oui, Ghyslain et notre petit voisin y jouent régulièrement ces dernières semaines.  Moi, j’agis à titre de spectatrice.  C'est un sport enlevant, plein de revirement et d’émotions pour le spectateur ou les  joueurs.  Il s’agit de sortir le lézard (ou exceptionnellement la souris) de la maison par la porte arrière ou avant en dirigeant celui-ci à l’aide d’un balai.  Ouf!  Le joueur qui réussit gagne! Il faut voir la vitesse du jeu et toutes les esquives des coureurs (le lézard et les joueurs).  Vraiment, ce jeu est palpitant.  J’espère avoir l’occasion de filmer une partie afin de vous montrer.  C’est trop rigolo. 

Encore faut-il avoir une maison assez grande pour que le lézard y trouve des endroits où se cacher.   Oups!  Les endroits où on peut y jouer sont très limitées…  une grande maison de nassarra!!  Ce nouveau sport avait vraiment du potentiel.

Colonisateur malgré nous!

Blog du 28 avril 2010

Chasse sans permis ou chasse sans merci.

Depuis deux semaines que nous partageons notre maison avec une sorte de bestiole inconnue mais qui laisse de petits bâtons noir de 1 cm un peu partout sur le plancher. Comme nous sommes en pays de lézard, il ne faut pas s’inquiéter, mais voici que ce matin une souris nous signale sa présence dans la maison, la chasse commence. Suzanne tout en nettoyant la chambre croise la souris et c’est le branle bas de combat qui s’installe. Balais en main, blocage stratégique des issues possibles,  voilà qu’un lézard fait aussi son apparition. Objectif double, faire sortir les deux bestioles de la maison. Quel show pour quelqu’un qui nous aurait observé, ce n’est qu’après 20 minutes d’une course effrénée dans la chambre et le couloir de sortie que nos deux amis ont pu retrouver leur liberté et nous notre tranquillité. Fait amusant, les lézards faisant partie de notre quotidien, il m’arrive souvent d’avoir à les chasser de la maison armé de mon ballais magique. Mais dès que je leur touche une partie de la queue avec le ballais, elle se détache automatiquement et lui continue sa course sans queue. Heureusement, elle va repousser dans les semaines qui suivent.

 

ENFIN LA PLUIE

Au Canada il y a toujours fébrilité quand les premières neiges font leur apparition à l’automne. Ici tout le monde mise sur Quand arriverons les premières pluies. Mi-mai entre le 8 et le 15 Mai est la date fixée par la grande majorité. Sil n’a pas plu depuis fin octobre et avec des températures atteignant les 45C-48C depuis le début d’avril pas besoin de commentaire. Plusieurs régions surtout montagneuses sont vraiment aux limites face au manque d’eau. Beaucoup de puits sont asséchés et il faut marcher 3,4 voir 5 Km pour aller puiser l’eau au pied de la montagne il faut aussi revenir avec ce 25 litres d’eau sur la tête. Ça c’est de la vraie survie. Mais surprise : jeudi dernier 17h le ciel est noir et soudain les éclairs, le tonnerre et surtout la pluie, beaucoup de pluie pour 45 minutes, c’est tout ce dont on attendait mais pas si tôt, changement climatique, réchauffement de la planète tout le monde y va de ses commentaires, la preuve que tout change même ici au centre de l’Afrique. Depuis, presqu’à tous les soirs il y a de l’orage dans l’air. Maintenant les discussions portent sur Nous devons nous préparer pour les semences.  Il faut tout préparer pour semer les aubergines, le mil rouge, les arachides, le coton et autres qui devront profiter de la saison des pluies pour nourrir tout le monde à la fin de l’été. 

 

 

 

Par Sue et Ghys en voyage
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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 17:41

Mon travail!

Jusqu’à présent je ne pense pas avoir décrit mon travail.  La raison est simple, je ne savais pas trop comment m’y prendre. Quelques qualificatifs pour commencer… très diversifié, surprenant, imprévisible!

Le titre le plus approprié pour mon travail serait organisatrice communautaire scolaire mais le titre réel est conseiller en éducation.  Donc, je travaille avec quatre écoles primaires de la communauté de Meskine avec tous les acteurs de la communauté éducative plus précisément les directeurs, les enseignants, les comités de parents, les groupes de femmes (mères), les comités d’école, les élèves, le lamido…etc.!  Lorsque je travaille sur le terrain, le nombre de personnes avec qui je dois interagir dans mon quotidien est énorme.  Et ici, pas de passes droits, il faut prendre le temps de s’arrêter, de saluer, de s’informer à (ou d’informer) chacun qui croise notre chemin. C’est long et parfois exaspérant (surtout sous le soleil!) mais cela à tout de même un avantage puisque c’est la base de toutes communications efficaces dans notre contexte Camerounais.  Je commence tout juste à reconnaître plusieurs de ces personnes lorsque je les rencontre hors contexte.  Ces rencontres informelles sont souvent les plus bénéfiques!!!

 Mon homologue, Djamila, une jeune femme (22 ans) mature, brillante, intéressante, traditionnelle et moderne, avec qui je partage mon travaille quotidien m’aide grandement dans la reconnaissance de tous ces visages. Il faut dire que même elle est parfois un peu dépassée.  Djamila est depuis le début une fidèle collaboratrice sans qui le travail aurait été presqu’impossible. Elle est mon interprète communautaire.  Elle m’aide à comprendre les rôles sociaux, les problématiques,  les différences culturelles, les croyances locales, m’explique les façons de faire, ce qui me permet de mieux mettre en contexte mes idées d’interventions avec la communauté. Elle valide, modifie, bonifie toutes les interventions.  Bien sur, puisque la seule langue parlée pour plusieurs dans la communauté est le fulfuldé, elle doit agir d’interprète à ce niveau également.

Le but ultime du mandat est l’amélioration de l’éducation dans un contexte de développement avec des objectifs spécifiques (et très large en même temps!) établis par VSO  et inspirés par le respect des chartes  et des conventions des droits de toutes sortes que le Cameroun a ratifiées mais n’arrive pas à mettre en œuvre.  Le fait de s’associer à des ONG pour tenter de faire un pas afin de respecter quelques grandes lignes de celles-ci est suffisant pour qu’un pays puisse promouvoir ces bonnes intentions  au reste du Monde peu importe l’effort réel que celui-ci déploie. 

Nos objectifs sont d’améliorer la qualité de l’enseignement, promouvoir la bonne gouvernance (sans petite corruption, ah!), promouvoir l’accessibilité de l’éducation surtout des filles, améliorer la participation de la communauté.  Au cours des dernières années, chaque école a établi un plan d’action afin d’établir une vision communautaire donc, en théorie, réalisable avec des actions spécifiques, si petites soient-elles, afin de faire un pas vers ces grands objectifs sur une période de 5 ans.  Notre rôle est donc d’aider du mieux possible dans l’implantation de ces petits pas annuels choisis par la communauté afin de réaliser ce fameux plan d’action.  Pour ici, le concept du plan et les idées très simples qui en découlent semblent des innovations!  Juste l’idée d’approche participative, qui est la base de ces plans et qui sous-entend un peu de démocratie, est vraiment inconnu ou appliquer tant bien que mal teinté par le sentiment de supériorité et de droits acquis qui accompagne tout individu qui porte un titre (à la limite le titre d’homme plutôt que femme suffit dans plusieurs contextes!) dans la communauté. 

Comment toute cette théorie se traduit-elle sur le terrain et dans mon quotidien?

· Tournées régulières des écoles pour rencontrer les enseignants et/ou directeurs dans leur quotidien afin de jaser de la pluie et du beau temps…Sérieusement, les gens ici parle très peu de la température.  Le ciel est bleu et le soleil brille à chaque jour.  Je ne manque surement pas de vitamine D… La pluie arrivera seulement en mai.  Le sujet est bref.  Parfois, on demande  ‘Comment la chaleur?’  Sérieusement, on leurs formule des demandes,  leurs donne des nouvelles ou des rappels sur les activités pédagogiques à venir, on échange sur des idées d’atelier ou sur des préoccupations qu’ils vivent au quotidien avec les élèves ou les parents… 

·       On fait des tournées de classe pour demander aux élèves de communiquer aux parents ou aux mamans la prochaine réunion de leurs comités d’école respectifs.   La mobilisation, l’organisation et l’animation reposent presqu’entièrement sur nos épaules mais on tente d’impliquer et d’inciter l’initiative locale qui est le but ultime de nos interventions.  Mon rôle est vraiment très variable à ce niveau.  Il peut  être de motiver un groupe à organiser une réunion, d’élaborer l’ordre du jour de la réunion, d’animer la réunion, de suggérer des nouveaux outils de travail (comment tenir le livre de compte, comment déterminer un budget prévisionnel de façon plus réelle, …) ou des idées d’activités, d’expliquer le rôle des différents comités, d’émettre une opinion… Tout ça dans le but de mettre en place et maintenir le cap sur  le fameux plan d’action rédigé dans les années passées par chaque école.  Il est plutot difficile de mobiliser les gens donc ces reunions ne sont pas tres nombreuses!

·    Selon l’une des thématiques des nombreuses journées internationales célébrées ici, on présente des ateliers dans certaines classes. Par exemple, la journée HIV-SIDA, la journée de la langue maternelle, la journée des droits de l’enfant, la semaine du  bilinguisme, la journée de la jeunesse…enfin, chaque semaine, le Cameroun semble avoir une journée de quelque chose à célébrer.  On choisit nos thèmes, on bâtit de courts ateliers à présenter en classe aux élèves ou des activités en lien avec ces journées.

 Le défi est toujours intéressant puisqu’aucun matériel n’est disponible et le tableau de classe presqu’illisible tellement il est rugueux et vieux.  Certains élèves chanceux ont un crayon, un Bic, une ardoise et un cahier.  D’autres possèdent seulement certains de ceux-ci et certains aucun.  Des photocopies, des livres, des images, des dessins, des feuilles blanches, des crayons de couleurs, une règle, un efface sont tous des instruments de technologie inaccessibles. Mais il faut dire qu’étant volontaire internationale, j’ai accès à du papier conférence et des marqueurs de 4 couleurs!  Vraiment ce matériel m’est très utile.

·                Pour la formation des enseignants,  nous avons présenté des ateliers sur les droits de l’enfant, la gestion de la discipline en classe (réflexion sur l’utilisation du châtiment corporel), l’utilisation du  travail de groupes restreints en classe (plusieurs classes ont de 100 à 140 élèves!) et dernièrement nous avons travaillé sur une formation de 4 jours pour les enseignants non-formés qui sont assignés dans nos écoles.  Je me suis fortement amusée à travailler sur les mathématiques et l’utilisation de matériel concret en classe.  C’est impressionnant tous les concepts possibles de travailler avec peu de matériel!

·       Dernièrement nous avons également présenté un atelier communautaire d’une journée sur la Convention contre la discrimination  à l’égard des femmes et le genre à un groupe composé majoritairement d’hommes musulmans traditionnels analphabètes.   Défi  très intéressant à relever dans la préparation de l’atelier.  La participation des hommes fut un grand succès.  Malheureusement,  il nous sera impossible de voir quels petits pas ils prendront dans leur quotidien…s’ils en prennent! 

·       Toutes ces activités sont entrecoupées par des formations ou des réunions avec le bureau de VSO.  Des formations sur des thématiques liés au programme d’éducation ou plus large comme la gestion des conflits, ou des réunions pour évaluation des programmes, ou la présentation d’outils de travail, ou sur l’élaboration du programme de volontariat national ou sur la préparation d’une journée thématique qui concerne tous les volontaires ou toutes les communautés…

Les idées ne manquent pas mais le temps me manquera surement.  D’ici peu, on devrait organiser 2 autres ateliers communautaires d’une journée.  Une qui s’adressera aux filles et leurs mères sur le genre ou le plaidoyer.  Et une pour les parents (hommes ou femmes) sur la décentralisation du pouvoir et le plaidoyer.  Ces deux derniers ateliers sont à bâtir d’ici les prochaines semaines.  Il faudra valider le plan d’action annuel de chaque école pour la prochaine année scolaire.  J’aimerais organiser un concours de fabrication de jouet, une exposition des travaux d’élèves, présenter avec l’aide des mamans de courts ateliers sur les méfaits des sacs de plastiques et le nettoyage communautaire, d’autres ateliers avec des mamans âgées qui répondent aux questions des enfants sur la vie d’avant.  Nous en avons faits 2 lors de la journée de la langue maternelle et ce fut vraiment intéressant!  La démarche pour la réussite d’une ou l’autre de ses idées est toujours imprévisible.  À voir ce qu’on arrivera à faire et surtout ce qu’on n’avait pas imaginé qui se présentera sur notre chemin d’ici la fin juin.

 

Petits anecdotes

ü   Une des volontaires a une douche avec de l’eau courante mais il n’y a pas d’égout pour éliminer l’eau.  Donc l’utilisation de la douche provoque l’inondation de la maison…  Chez nous, on a les tuyaux dans la salle de bain et même l’égout mais pas d’eau!!!

ü   Nous sommes allés faire de la randonnée à Douroum.  Les infrastructures touristiques à Maroua sont déjà plutôt sommaires donc celles à l’extérieur presqu’inexistantes.  À Douroum, il y a un petit hôtel formé de 4 boukarous (huttes de ciment).  Un cuisinier nous prépare un peu de bouffe sur commande avec ce qu’il peut trouver au village…  Pour déjeuner, la table est mise avec tasse, bol, soucoupe, ustensiles, napperons, etc… Vraiment presque chic, probablement la table la mieux mise jusqu’à présent.  Pour commencer, on a droit à un café délicieux préparé dans une cafetière expresso Italienne!  Wow, quel bon début! Quelqu’un l’a ramené d’Italie puisqu’elles ne sont pas disponibles ici.  Après, on reçoit quelques petits beignets gras et c’est tout.  Rien de plus n’est disponible au village… L’avantage, pas trop de vaisselle à nettoyer après le déjeuner considérant le peu d’eau disponible au village.

ü   Un petit bar servant des boissons gazeuses et de la bière est annexé à l’hôtel.  Ils ont un frigo qui fonctionne le soir seulement (pour certains villages qui sont branchés, l’électricité est disponible seulement en soirée).  Quelque chose de froid à boire?…un rêve!  Au mieux un peu plus frais que la température ambiante.  Lors de notre séjour, les villageois se préparaient à la fête de Pâques. C’est un village catholique.  On installait de grandes boîtes de son arrivées à dos de moto jusqu’au village et devinez qu’est-ce qui a joué?  Céline Dion!  Il faut vraiment voir le village pour comprendre à quel point cela est surréel!!!!

ü   À Djingala, on nous a offert du poulet pour souper…  Il a fallu se décider dès le matin puisque quelqu’un doit aller trouver qui va lui vendre un poulet au village, le ramener à la cuisinière qui va le tuer, le déplumer et le faire cuire!

Nous sommes présentement en vacances de Pâques et nous avons décidé de visiter davantage l’Extrême-Nord du Cameroun.  Les petites excursions que nous avons faîtes jusqu’à présent sont vraiment magnifiques. Les paysages parsemés de regroupement de huttes typiques aux différentes tribus de chaque région sont également surréels et indescriptibles!

 

 

 

Par Sue et Ghys en voyage
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